Nazifi Isa Muhammad et Mubarak Muhammad avaient bâti en deux ans une audience TikTok de près d'un million d'abonnés grâce à des vidéos satirisant des personnalités influentes. Une vidéo datant de plusieurs années sur la corruption présumée du gouverneur de Kano, Abdullahi Umar Ganduje, a ensuite entraîné leur détention par le Bureau de renseignement de l'État.

Le 7 novembre 2022, un tribunal a condamné chaque créateur à une amende de 10 000 nairas, les a déclarés coupables de diffamation et les a condamnés au fouet en public ainsi qu'à 30 jours de travaux d'intérêt général. Ils ont déclaré ne pas pouvoir dire si la plainte émanait du gouvernement de l'État ou du Conseil de censure de l'État de Kano.

Après leur libération, le duo a modifié son contenu pour éviter les sujets politiques et religieux et a commencé à coopérer avec la Hisbah, une police religieuse, en signalant les contenus inappropriés. Il s'agissait d'un pivot concret de survie, mais il a réduit ce qu'ils pouvaient dire.

Ils ont remplacé les contenus politiques et religieux à haut risque par une ligne éditoriale plus sûre et ont commencé à signaler les publications inappropriées à la Hisbah.

Les créateurs avaient déjà reçu des menaces d'arrestation parce que leurs vidéos remettaient en cause des personnalités puissantes.

Une vidéo satirique datant de plusieurs années pouvait encore déclencher une détention, rendant l'application des règles tardive et imprévisible.

Le système de charia du nord du Nigeria régit les affaires civiles et parfois pénales dans 12 États.

Après leur libération, la coopération avec la Hisbah offrait un moyen de naviguer entre les sensibilités locales en matière de contenu.

Lorsque les règles sont appliquées de manière imprévisible, poursuivre le travail peut exiger de restreindre la ligne éditoriale et d'établir une relation de travail avec l'autorité capable d'y mettre fin.

Rest of World rapporte que six autres créateurs nigérians ont également modifié leur apparence, leurs sons et leurs sujets pour éviter l'arrestation ; une créatrice a déclaré avoir quitté l'école islamique pour continuer à faire des vidéos. Des experts en droits numériques ont soutenu que TikTok devrait dialoguer avec les autorités et clarifier les droits des utilisateurs, mais TikTok n'a pas répondu aux demandes de commentaire de l'article.

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Les sources

  1. Nigerian TikTokers are being arrested for violating religious law - Rest of World Rest of World · restofworld.org ·