Aux États-Unis, les machines à voter fonctionnent avec un logiciel que les électeurs ne voient jamais. Les trois fournisseurs qui dominent le marché — Dominion, Election Systems & Software et Hart InterCivic — traitent leur code comme de la propriété intellectuelle, et cette « boîte noire » fermée a alimenté les théories du complot sur des élections truquées. Le secrétaire d'État du New Hampshire, David Scanlan, voulait un moyen permettant au public de voir comment les bulletins étaient réellement comptés.
Ben Adida, qui a consacré sa thèse de doctorat au MIT à la sécurisation des systèmes de vote, est arrivé à la conclusion que le logiciel open source était la seule réponse efficace. En 2018, il est revenu sur le problème et a fondé VotingWorks en tant qu'organisation à but non lucratif, estimant que cette structure modifierait les incitations des fournisseurs de matériel électoral. Le code des machines pouvait être inspecté par n'importe qui, et la conception restait familière — bulletins papier marqués à la main ou écran tactile et autocollant « I Voted » — afin de ne pas rebuter les électeurs.
Le Mississippi a été le premier État à utiliser ces machines, en 2019. Le 8 novembre 2022, environ 3 000 électeurs de trois petites villes du New Hampshire ont fait passer leurs bulletins dans des dispositifs VotingWorks, et les mêmes bulletins ont été comptés à la main lors d'une séance publique à Concord afin que chacun puisse vérifier si les machines avaient enregistré correctement les votes.
Un audit de janvier 2023 mené par le bureau du secrétaire d'État a conclu que le logiciel fonctionnait bien : dans les villes auditées, les décomptes correspondaient aux comptages manuels à un ou deux votes près par scrutin. Le matériel était le point faible — l'obstruction d'un scanner a empêché l'utilisation d'une machine le jour du scrutin et un bourrage papier a brièvement perturbé une autre — mais le logiciel lui-même avait compté avec exactitude.
Les machines open source de VotingWorks ont servi lors de vraies élections dans le Mississippi à partir de 2019 et dans le New Hampshire en 2022 ; les audits ont fait correspondre les décomptes aux comptages manuels à 1 ou 2 votes près par scrutin.
Le code fermé et propriétaire de trois fournisseurs faisait du dépouillement une boîte noire que les théories du complot pouvaient remplir.
Adida a rendu le code public afin que n'importe qui, ou un expert engagé par ses soins, puisse inspecter en temps réel la manière dont les bulletins étaient comptés.
Le statut d'organisation à but non lucratif a modifié les incitations des fournisseurs, et pas seulement le logiciel.
Une conception familière fondée sur le bulletin papier a permis aux électeurs d'accepter les nouvelles machines.
Les comptages manuels publics ont donné au projet pilote une vérification indépendante au-delà du décompte des machines elles-mêmes.
Lorsque la méfiance provient d'un processus que personne ne peut inspecter, il faut ouvrir le mécanisme à un audit indépendant et supprimer le conflit d'intérêts du vendeur : c'est la transparence, et non la communication, qui rétablit la crédibilité.
Suites
Le New Hampshire n'a pas adopté les machines open source : c'est la Ballot Law Commission, et non le secrétaire d'État, qui décide quels dispositifs les villes peuvent utiliser, et aucun calendrier n'est prévu pour remplacer les machines AccuVote vieillissantes. VotingWorks reste le seul candidat open source dans cet examen et organise déjà des élections dans plusieurs comtés du Mississippi. L'entreprise a présenté le projet pilote du New Hampshire comme une étape d'une évolution plus large vers un vote transparent — un projet de loi en Alaska avait proposé d'exiger un code électoral open source — et l'audit a laissé comme question ouverte la fiabilité du matériel, et non la confiance dans le logiciel.
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Les sources
- New Hampshire set to pilot voting machines that use software everyone can see The Record (Recorded Future News) · therecord.media ·