En juin 2017, Dana Gas, premier producteur privé de gaz du Moyen-Orient coté à l'ADX, a annoncé qu'elle ne rembourserait pas son sukuk de 700 millions de dollars, arguant que la structure mudaraba était tombée en désuétude et n'était plus valable au regard du droit émirati. Les créanciers ont intenté des poursuites devant les tribunaux anglais et émiratis, les deux juridictions ont rendu des décisions contradictoires, et le litige a ébranlé l'industrie du sukuk, forte de 2 500 milliards de dollars.

En mai 2018, Dana Gas et un comité de créanciers ont convenu d'une restructuration consensuelle : les porteurs ont échangé les instruments contestés contre de nouvelles obligations à trois ans assorties d'un taux de profit de 4 %, et les procédures judiciaires ont été abandonnées. La société a ensuite mené à bien des rachats et des refinancements et, selon le président du conseil d'administration, est passée d'un milliard de dollars de créances échues et d'un milliard de dollars de dette à un sukuk intégralement remboursé et à des créances négligeables.

Une fois le bilan assaini, 2021 est devenue la meilleure année de Dana Gas depuis sa fondation en 2005 : un bénéfice net de 317 millions de dollars contre une perte de 376 millions de dollars en 2020, des encaissements record de 377 millions de dollars et un dividende total de 8 fils par action, en hausse de 45 % par rapport à celui de 2020. En 2022, elle a continué à verser des dividendes semestriels, le président du conseil qualifiant son rendement parmi les plus élevés de l'ADX.

Elle a intégralement remboursé son sukuk, ramené sa dette à un niveau proche de zéro, puis est passée d'une perte de 376 millions de dollars en 2020 à un bénéfice record de 317 millions de dollars en 2021 et à des dividendes de 8 fils par action.

L'accord de mai 2018 a converti le sukuk contesté de 700 millions de dollars en nouvelles obligations et mis fin à des années de litiges dans deux juridictions.

Les flux de trésorerie générés après l'accord ont servi à racheter et à éteindre le sukuk plutôt qu'à financer l'expansion, réduisant d'abord la taille du bilan.

La hausse des prix de l'énergie et un contrôle strict des coûts ont reconstitué l'EBITDA, transformant une perte de 376 millions de dollars en 2020 en bénéfice et en dividendes record.

Lorsqu'une dette que vous avez émise devient impossible à rembourser, une restructuration consensuelle avec les créanciers existants vaut mieux qu'une victoire devant les tribunaux : elle assainit le bilan et permet aux opérations de rétablir la crédibilité.

En 2022, Dana Gas versait des dividendes semestriels et finançait l'extension gazière de Khor Mor, d'un montant de 600 millions de dollars, dans le Kurdistan irakien. L'affaire de 2018 a également remodelé la finance islamique : les normalisateurs ont durci la documentation des sukuk et les investisseurs se sont tournés vers des structures régies uniquement par le droit anglais.

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Les sources

  1. Islamic finance feels heat from $700 mln Dana sukuk saga Reuters via CNBC · cnbc.com ·
  2. Dana Gas recommends dividend of Dh8 fils per share for 2021 amid record profit The National · thenationalnews.com ·
  3. Dana Gas 2022 media releases Dana Gas PJSC · danagas.com ·