Pendant une décennie, Anil Ambani a été un cas d'école du déclin : Reliance Communications, valorisée plus de 1,68 lakh crore de roupies en janvier 2008, a fermé ses opérations de téléphonie sans fil en 2017 sous plus de 45 000 crore de roupies de dette et a déposé une demande d'insolvabilité en 2019 ; Reliance Capital a fait défaut et est passée sous procédure de résolution pilotée par la RBI en 2021. Presque tout le marché l'avait écrit off.
La reconstruction a commencé en 2024, lorsque le groupe rebaptisé Reliance Group India a discrètement entrepris d'isoler les deux sociétés opérationnelles, Reliance Infrastructure et Reliance Power, des passifs hérités des télécoms et de la finance. En octobre 2024, les deux se sont déclarées sans dette. Le groupe décrit sa feuille de route comme des « modèles allégés en actifs et efficients en capital, conçus pour offrir des rendements supérieurs sur le capital investi », la nouvelle génération — Jai Anmol et Jai Anshul Ambani — étant impliquée dans les initiatives de réduction de la dette et les nouveaux accords dans la défense et les renouvelables.
Le pivot visait des secteurs sur lesquels l'Inde mise activement : la production de défense et l'énergie verte. Reliance Defence cible un marché adressable à l'export de 50 000 crore de roupies, visant 3 000 crore de roupies d'exportations sur deux ans ; Reliance Power construit un pipeline solaire de 2,5 GWp ainsi que plus de 2,5 GWh de stockage par batteries, tandis que Reliance Infrastructure entre dans la fabrication de modules solaires et de matériel renouvelable. Le financement de ce redressement repose sur : 4 500 crore de roupies d'attributions préférentielles, 7 100 crore de roupies d'obligations convertibles en actions (FCCB) avec Värde Partners, un QIP de 6 000 crore de roupies en préparation, et neuf actifs autoroutiers à céder.
En juillet 2025, le tableau affichait : la capitalisation boursière de Reliance Power en hausse d'environ 1,65x en six mois à environ 28 537 crore de roupies, la participation des investisseurs étrangers (FII) passant d'environ 7 % (exercice 2023) à environ 13 % (exercice 2025) ; Reliance Infrastructure en hausse de 1,36x à 16 360 crore de roupies avec une participation FII de 11 % ; un ratio dette/fonds propres ramené à 0,28x (RInfra) et 0,93 (RPower) ; des capitaux propres en forte hausse dans les deux cas. Vipin Singhal, directeur de l'Anand Rathi Investment Banking, a attribué ces résultats à « une orientation sectorielle stratégique, la réduction de la dette et un soulagement juridique » — ce dernier étant la suspension par la NCLAT en juin 2025 des procédures d'insolvabilité visant Reliance Infra.
Capitalisation boursière de RPower en hausse d'environ 1,65x à 28 537 crore de roupies, RInfra en hausse de 1,36x à 16 360 crore de roupies en six mois ; les deux sans dette depuis octobre 2024 ; levée de 17 600 crore de roupies en cours
Les insolvabilités des sociétés héritées avaient coupé le groupe de l'accès au capital ; isoler les sociétés opérationnelles était la condition préalable à toute levée de fonds.
La défense et les renouvelables sont les secteurs vers lesquels la politique indienne — « Atmanirbhar Bharat », l'objectif de 500 GW non fossiles pour 2030 — oriente les capitaux, de sorte que le pivot aligne le groupe sur les priorités de l'État.
Des modèles allégés en actifs et efficients en capital ont été explicitement choisis pour offrir un ROIC plus élevé après une décennie d'intensité capitalistique alimentée par la dette.
Une structure de financement diversifiée (attributions préférentielles, FCCB avec Värde Partners, QIP, cessions d'actifs) répartit le risque de refinancement pendant que le pivot se déploie.
Un répit juridique — la suspension par la NCLAT en juin 2025 des procédures d'insolvabilité visant Reliance Infra — a donné au sentiment de marché la marge nécessaire pour revaloriser les actions.
Un groupe effondré peut redémarrer en isolant les sociétés opérationnelles des passifs hérités, puis en misant sur des secteurs que l'État lui-même finance — mais c'est l'exécution, et non l'annonce, qui décide de la pérennité.
Suites
The Economic Times a présenté ce retour comme prometteur mais non prouvé : les calendriers d'exécution et les goulets d'étranglement réglementaires sont les points à surveiller, l'insolvabilité de RCom reste sous examen de la Cour suprême concernant les passifs AGR, et la cession de Reliance Capital à l'adjudicataire retenu, Hinduja, est encore retardée par des litiges. Le verdict de Singhal : les finances améliorées sont réelles, mais le moyen terme « dépend de la bonne exécution des projets de défense et de renouvelables, de la poursuite de la réduction de la dette et d'une gouvernance transparente ».
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Les sources
- Anil Ambani's comeback playbook: The bold sectoral pivot turning heads on D-Street The Economic Times (ET Online) · economictimes.indiatimes.com ·